Nianing : l'église coquillage, le baobab sacré des griots et la pouponnière
Par Demba Sene · Publié le · 6 min de lecture

Sur la route qui longe la Petite Côte, à quelques kilomètres au sud de Mbour, beaucoup de voyageurs passent devant Nianing sans s'arrêter. C'est dommage. Ce village paisible cache trois trésors qu'on ne s'attend pas à trouver si près des hôtels : une église à l'architecture primée, un baobab chargé d'histoire et une maison où des sœurs prennent soin des tout-petits. Et pour les découvrir, il existe une façon idéale : la calèche. Voici tout ce qu'il faut savoir avant de visiter Nianing.
En calèche, au rythme du village de Nianing
À Nianing, on laisse la voiture et on monte dans une calèche tirée par un cheval. Le rythme change tout de suite. On avance au pas sur les pistes de sable, on traverse le village, les enfants saluent, les femmes reviennent du marché. Personne n'est pressé, et vous non plus.
La calèche n'est pas un décor pour touristes : c'est encore un moyen de transport du quotidien dans beaucoup de villages sénégalais. En la prenant, vous voyez la Petite Côte comme la voient ceux qui y vivent.
Une église en forme de coquillage
Première surprise : au détour d'une piste, une immense coquille blanche semble posée sur le sable. C'est l'église Sainte-Épiphanie-du-Seigneur, l'un des bâtiments les plus étonnants du Sénégal.
Une histoire récente
La première pierre a été posée en décembre 2014 par le cardinal Théodore Adrien Sarr, et l'église a été inaugurée en février 2018 par l'archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye. Elle a été dessinée par l'architecte Nicolas Vernoux-Thélot et financée en grande partie par un bienfaiteur français, avec d'autres partenaires.
Un coquillage géant
Sa forme s'inspire de la spirale du cymbium, ce gros coquillage qu'on trouve sur les plages de la côte sénégalaise. Six voûtes s'enroulent les unes dans les autres et montent jusqu'au clocher, le point le plus haut. À l'intérieur, 800 personnes peuvent prendre place.
Pas de climatisation, et pourtant il fait frais
C'est le détail qui étonne le plus les visiteurs. L'église n'a aucune climatisation. Elle est fermée côté nord, d'où souffle l'harmattan chargé de poussière, et grande ouverte à l'ouest, vers la brise de la mer. Le clocher sert de tour à vent, et certains éléments s'inspirent même des termitières pour réguler la température. Cette architecture intelligente a été récompensée par un prix international d'architecture, l'Architecture MasterPrize.
Le baobab sacré, la mémoire des griots
La calèche quitte ensuite le village et s'enfonce dans une forêt de baobabs. Au milieu d'eux, l'un se distingue par sa taille énorme et par le respect qu'on lui porte : le baobab sacré de Nianing.
Pourquoi il est sacré
Dans la société sérère traditionnelle, les griots occupaient une place à part. Gardiens de la mémoire, conteurs, musiciens, ils transmettaient l'histoire des familles et des royaumes. Mais la tradition ne permettait pas de les enterrer dans la terre. Leur corps, enveloppé d'un linceul, était déposé à l'intérieur du tronc creux d'un baobab. Les proches y accrochaient parfois leurs instruments de musique.
Cette pratique a pris fin au moment de l'indépendance, notamment parce que le président Léopold Sédar Senghor s'y est opposé, au nom de la dignité des griots et des risques pour la santé. Depuis, le baobab n'abrite plus de sépultures, mais il reste un lieu vénéré.
Entrer dans le tronc
Son tronc creux est si large qu'on peut y entrer, par une ouverture qui ressemble à une porte. À l'intérieur, la lumière filtre, la température baisse, et on se sent tout petit. Beaucoup de visiteurs disent que c'est le moment le plus fort de la journée. Demba vous raconte son histoire et les croyances qui l'entourent : aujourd'hui encore, des habitants viennent s'y recueillir.
Un geste solidaire : la pouponnière de la Cité de l'Emmanuel
Un geste solidaire
À Nianing, la pouponnière de la Cité de l'Emmanuel, tenue par les sœurs Filles du Saint-Cœur de Marie, accueille et protège de jeunes enfants. Si vous souhaitez l'aider, vous pouvez apporter du lait, des couches ou des vêtements : Demba les remet aux sœurs, avec leur accord. Par respect pour les enfants, il n'y a pas de photo.
Ce n'est pas une visite touristique, et c'est très bien ainsi. C'est un arrêt simple, pour ceux qui le souhaitent, le temps de déposer quelques dons utiles. Si vous voulez participer, cochez la case prévue dans le formulaire de réservation : Demba vous dira ce dont les sœurs ont le plus besoin au moment de votre visite.
Comment se passe la visite de Nianing
Voici le déroulé habituel de la demi-journée :
- Prise en charge à votre hôtel (Saly, Somone, Mbour, Pointe Sarène).
- Arrivée à Nianing et départ en calèche à travers le village.
- Visite de l'église Sainte-Épiphanie.
- Balade dans la forêt de baobabs jusqu'au baobab sacré.
- Arrêt à la pouponnière, si vous le souhaitez.
- Retour à votre hôtel.
Tous les détails sont sur la fiche Nianing en calèche, et vous trouverez d'autres idées sur la page destination Nianing.
À combiner avec
Nianing se marie très bien avec d'autres sorties de la Petite Côte :
- Joal-Fadiouth, l'île aux coquillages, à une demi-heure environ plus au sud.
- L'arrivée des pêcheurs de Mbour, en fin d'après-midi.
- La journée sénégalaise en brousse, pour prolonger la rencontre avec les villages.
Questions fréquentes sur Nianing
Faut-il être croyant pour visiter l'église ?
Non. Tout le monde est le bienvenu, dans le respect du lieu et en dehors des messes.
Peut-on entrer dans le baobab sacré ?
Oui, le tronc creux se visite. On y entre calmement, en respectant le lieu.
La sortie convient-elle aux enfants ?
Oui, les enfants adorent la calèche et le baobab. Dites-nous leur âge en réservant.
La visite à la pouponnière est-elle obligatoire ?
Non, elle est entièrement facultative. Et par respect pour les enfants, aucune photo n'y est prise.
Nianing, c'est le Sénégal en version douce : un cheval qui avance au pas, une église qui surprend, un arbre qui raconte des siècles d'histoire. Une demi-journée qui reste longtemps en mémoire.
Pour aller plus loin
Nos sources, et des lectures utiles pour préparer votre visite :

Demba Sene, guide et chauffeur sur la Petite Côte depuis 2000. Il parle français, anglais et espagnol.






